La conseillère régionale Liliane Boury (groupe Front National) vient de réagir sur l'arrêt du Mastrou : «Ardéchoise, j'ai appris la cession d'exploitation [...] avec beaucoup de tristesse et d'indignation. » Lors de la conférence des présidents de la région Rhône-Alpes, l'élue a demandé que le dossier du Mastrou soit inscrit à l'ordre du jour de la prochaine assemblée plénière, prévue les 29 et 30 mai. Cela « nous permettra de nous prononcer sur les aides à apporter à l'ensemble des secteurs touchés par cet arrêt ».
En quoi est-il important de sauver le Mastrou ?
« C'est un outil nécessaire et indispensable pour le développement du Nord-Ardèche. Il y a alors un beau challenge, difficile, à relever : l'objectif de remettre le Mastrou sur les rails en 2009 ».
Savez-vous déjà sur quel projet le Mastrou peut-il fonctionner durablement ?
« Ma mission est de trouver des solutions durables. Il ne s'agit pas uniquement d'aligner de l'argent, avec des subventions et des
financeurs privés mais d'avoir un véritable projet. Or, le Mastrou ne doit pas être uniquement un transport aller-retour. Il faut chercher, en complémentarité, des produits dérivés. Si cela se
fait
déjà un peu, il s'agit de développer le côté "découverte" et "gastronomique" le long de la ligne ».
Pour développer ce projet, où trouver l'argent ?
« Il y a bien sûr tous les partenaires publics ¹. On espère également avoir un écho favorable au niveau européen, même si les délais sont très longs. Et il y a les investisseurs privés : certains se sont déjà manifestés et s'intéressent à l'exploitation du train. Il faut voir à quelles conditions. D'autres entreprises, de renommée nationale et internationale, peuvent apporter des fonds sous la forme du mécénat. Et toutes les bonnes volontés locales et régionales sont également bonnes à prendre ».
On parle de Véolia...
« Cela fait partie des gens qu'on va rencontrer, d'autant que Véolia a une expérience dans le train touristique (ceux de la Rhune ou de la Mure, NDLR). Mais ce n'est pas la seule entreprise... »
L'introduction éventuelle d'un investisseur très important comme Véolia ne suscite-t-elle pas des craintes ?
« Pour l'instant, je reste très prudent à ce genre de montage. Mais toutes les portes demeurent ouvertes ».
Votre mission n'est-elle pas suspendue à la décision du tribunal du commerce, qui doit être rendue le 10 juin ?
« C'est un obstacle important à franchir. Il ne faudrait pas que le tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire de la SEM, car même si le Mastrou ne roule pas, il faudrait qu'on puisse garder les employés (une quinzaine, ndlr), qui connaissent très bien leur métier, jusqu'en 2009. Les ouvriers pourront aussi continuer à travailler sur la voie. Mais si la liquidation est prononcée, c'est fini... »
Mais y-a-t-il eu un problème de gestion au niveau de la SEM qui gère le Mastrou ?
« Je n'ai pas à me prononcer là-dessus et cela ne m'intéresse pas. Il faut se tourner vers l'avenir. Il y aura toujours des gens pour critiquer mais cela ne sert à rien ».
Faut-il qu'il y ait une nouvelle gare à Saint-Jean-de-Muzols ?
« Je n'ai pas de religion affirmée là-dessus. On annonce le coût entre 3,5 et 3,7 millions d'euros, voire 4,5 millions d'euros. C'est beaucoup d'argent et on ferait quelque chose de neuf qui
dénaturerait le côté historique de la ligne. Or l'aspect nostalgique reste important avec une architecture qui remonte au début du siècle dernier ».
Mais la ligne entre Tournon et Saint-Jean-de-Muzols devrait être reprise par Réseau ferré de France en 2011.
Est-il possible de la garder ?
« Le 3 juin, avec Pascal Terrasse, nous allons rencontrer à Paris, le président de RFF pour dénouer ce noeud qui pèse financièrement. On va lui demander si la dérogation peut être prolongée
de 2011 à 2020 et si la redevance annuelle très élevée de 40 000 € peut être réduite ».
La fréquentation du Mastrou peut-elle être augmentée ?
« Il serait bien d'avoir 25 % de plus, soit 80 000 voyageurs par an ».
Or, la ligne Tournon-Lamastre n'est-elle pas trop longue ?
« Certains disent qu'il
faudrait seulement la ligne Tournon/Saint-Jean/Boucieu. Mais le Mastrou, c'est aussi Lamastre. De toute façon, ce choix
est encore prématuré : il faut faire des simulations de parcours, les optimiser puis trancher ».
Quel est précisément votre rôle ?
« Ma mission est de six mois. Il s'agit de proposer un certain nombre de solutions. Actuellement, je suis dans la phase diagnostic, tout en commençant à rechercher de nouveaux partenaires
».
Pourquoi avez-vous accepté cette mission ?
« Je connais le Mastrou depuis l'âge de 11 ans, en prenant le train pour faire Lamastre-Tournon. Et quand j'étais maire de Tournon-sur-Rhône, j'ai toujours défendu ce train touristique. J'ai
alors voulu relever ce défi ».
Le schéma de gestion du Mastrou devra-t-il être changé ?
« La structure juridique sera étudiée à un moment donné. Il n'y a pour l'instant, pas de formule magique. Mais l'une des hypothèses est que le Département s'occupe des investissements et une
société, un organisme privé, de l'exploitation. Car ce n'est pas à une collectivité publique que de faire du tourisme et du commercial ».
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«Le Mastrou existe dans le coeur des gens, au delà de l'Ardèche ». Partant de ce constat, les bénévoles de la SGVA, association de soutien au Chemin de fer
du Vivarais, ont manifesté hier après-midi à Lyon. Ils ont été rejoints par sept salariés du train touristique. Dans un vieux bus de 1934
Fidèles à leur « volonté de faire revivre la mémoire des gens », salariés et bénévoles ont ainsi arpenté le centre-ville dans un vieux bus de 1934 pendant près de quatre heures. Le
temps de rencontrer les médias locaux et les habitants. Ils sont revenus satisfaits du soutien des Lyonnais.
Fabien ROUX avec Pierre CRÉTIER
Paru dans l'édition 07A du 15/05/2008http://ledauphine.com/contre-l-arr-t-du-mastrou-salaries-et-benevoles-ont-manifeste-a-lyon-@/index.jspz?chaine=21&article=24261 |
Retrouvez un reportage sur:
http://videos.tf1.fr/video/news/0,,3847210,00-journal-televise-mai-.html
(avancez jusqu'à 23min13s)
Depuis l'annonce de la pause dans l'exploitation du Mastrou, le 17 avril dernier, le propriétaire du Buffet de la gare à Lamastre ne décolère
pas. Travaillant en partenariat avec le train touristique, il misait « à 99 % » sur celui-ci pour remplir son établissement. « Des repas sont vendus en même temps que les voyages. Par rapport à
la liste de réservations qui m'avait été annoncée, j'étais plein. Je n'ai donc pas fait de démarches pour trouver d'autres clients », affirme Franck Bron. Résultat : une perte estimée à 150 000
€. Il a fermé ses portes provisoirement, dans l'attente notamment de la décision du tribunal de commerce d'Aubenas concernant la viabilité de la SEM.
Franck Bron pointe ainsi la situation délicate dans laquelle il se retrouve plongé. Et souligne par ailleurs qu'il a dû renoncer à plusieurs embauches saisonnières.
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