«Remettre le Mastrou sur les rails en 2009» (ledauphine.com)

Publié le par tchou tchou

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L
e nom de sa fonction n'a pas vraiment été défini. Médiateur, expert, analyste, conseiller... Jean-Pierre Frachisse ne s'en formalise pas. L'ancien élu - il a notamment été maire de Tournon - a pour seul but de trouver des « solutions durables » et sauver le Mastrou. Une mission que lui a confié le conseil général à la suite de la "réunion de crise" le 10 avril. Pour la première fois, il s'explique sur son rôle, son travail et ses objectifs.

En quoi est-il important de sauver le Mastrou ?

« C'est un outil nécessaire et indispensable pour le développement du Nord-Ardèche. Il y a alors un beau challenge, difficile, à relever : l'objectif de remettre le Mastrou sur les rails en 2009 ».

Savez-vous déjà sur quel projet le Mastrou peut-il fonctionner durablement ?

« Ma mission est de trouver des solutions durables. Il ne s'agit pas uniquement d'aligner de l'argent, avec des subventions et des financeurs privés mais d'avoir un véritable projet. Or, le Mastrou ne doit pas être uniquement un transport aller-retour. Il faut chercher, en complémentarité, des produits dérivés. Si cela se fait déjà un peu, il s'agit de développer le côté "découverte" et "gastronomique" le long de la ligne ».

Pour développer ce projet, où trouver l'argent ?

« Il y a bien sûr tous les partenaires publics ¹. On espère également avoir un écho favorable au niveau européen, même si les délais sont très longs. Et il y a les investisseurs privés : certains se sont déjà manifestés et s'intéressent à l'exploitation du train. Il faut voir à quelles conditions. D'autres entreprises, de renommée nationale et internationale, peuvent apporter des fonds sous la forme du mécénat. Et toutes les bonnes volontés locales et régionales sont également bonnes à prendre ».

On parle de Véolia...

« Cela fait partie des gens qu'on va rencontrer, d'autant que Véolia a une expérience dans le train touristique (ceux de la Rhune ou de la Mure, NDLR). Mais ce n'est pas la seule entreprise... »

L'introduction éventuelle d'un investisseur très important comme Véolia ne suscite-t-elle pas des craintes ?

« Pour l'instant, je reste très prudent à ce genre de montage. Mais toutes les portes demeurent ouvertes ».

Votre mission n'est-elle pas suspendue à la décision du tribunal du commerce, qui doit être rendue le 10 juin ?

« C'est un obstacle important à franchir. Il ne faudrait pas que le tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire de la SEM, car même si le Mastrou ne roule pas, il faudrait qu'on puisse garder les employés (une quinzaine, ndlr), qui connaissent très bien leur métier, jusqu'en 2009. Les ouvriers pourront aussi continuer à travailler sur la voie. Mais si la liquidation est prononcée, c'est fini... »

¹ Communauté de communes, conseil général et conseil régional.

REPÈRES

SA MISSION
Selon le conseil général : « conduire une mission de conseil stratégique et de prospective, chargée d'analyser la situation, les positions des différents interlocuteurs, parties prenantes et financeurs éventuels et d'étudier, d'élaborer et de tester toute solution de reprise impliquant le maximum d'acteurs possible, et susceptible d'éclaircir les choix qui seront effectués dans le cadre de la procédure collective ouverte auprès du tribunal de commerce ».

RAPPEL DES FAITS

- 6 mars : la direction départementale de l'Équipement exprime ses inquiétudes sur « la fatigue des voies » et menace, à défaut d'investissements importants, d'une suspension de l'autorisation d'exploitation délivrée par le préfet pour des motifs de sécurité.

- 10 avril : une réunion de crise réunit, au conseil général, tous les acteurs publics et privés. Il est décidé de faire une « pause » le temps de trouver des solutions.

- 5 mai : Jean-Pierre Frachisse commence sa mission, en attendant la décision du tribunal de commerce prévue le 10 juin.

Quel est le point commun des chemins de fer de la Rhune, de la Mure, de Provence et du Trieux ? Ce sont non seulement des chemins de fer touristiques, mais ce sont aussi des lignes exploitées par Véolia-Transport, le premier opérateur privé européen de transport public (ex-Compagnie générale des Eaux, ex-Vivendi), qui a investi beaucoup ces dernières années dans le "tourisme industriel durable". C'est donc vers Véolia que le conseil général se tourne aujourd'hui pour renforcer la SEM du Mastrou, voire trouver un exploitant qui ait les reins assez solides, et l'expérience, pour remettre les machines à vapeur sur les rails. Le président du conseil général, Pascal Terrasse, doit rencontrer les dirigeants de Véolia-Transport dans les jours qui viennent. Wait and see...

Les professionnels du tourisme et des élus estiment que la communication sur la situation du Mastrou a été trop tardive...
« Il y a eu certainement un problème de communication tardive pour diverses raisons. Mais à un moment donné, il fallait donner la vérité aux gens, notamment sur les problèmes de sécurité et l'état lamentable des locaux. Peut-être qu'en 2003, lors de la constitution de la SEM (société d'économie mixte, ndlr), les investissements n'ont pas été suffisants. Mais désormais, il faut effacer les ardoises du passé et ne plus parler de ça. D'autant qu'on sait maintenant jusqu'où le Département peut aller ».

Mais y-a-t-il eu un problème de gestion au niveau de la SEM qui gère le Mastrou ?
« Je n'ai pas à me prononcer là-dessus et cela ne m'intéresse pas. Il faut se tourner vers l'avenir. Il y aura toujours des gens pour critiquer mais cela ne sert à rien ».

Faut-il qu'il y ait une nouvelle gare à Saint-Jean-de-Muzols ?
« Je n'ai pas de religion affirmée là-dessus. On annonce le coût entre 3,5 et 3,7 millions d'euros, voire 4,5 millions d'euros. C'est beaucoup d'argent et on ferait quelque chose de neuf qui dénaturerait le côté historique de la ligne. Or l'aspect nostalgique reste important avec une architecture qui remonte au début du siècle dernier ».

Mais la ligne entre Tournon et Saint-Jean-de-Muzols devrait être reprise par Réseau ferré de France en 2011. Est-il possible de la garder ?
« Le 3 juin, avec Pascal Terrasse, nous allons rencontrer à Paris, le président de RFF pour dénouer ce noeud qui pèse financièrement. On va lui demander si la dérogation peut être prolongée de 2011 à 2020 et si la redevance annuelle très élevée de 40 000 € peut être réduite ».

La fréquentation du Mastrou peut-elle être augmentée ?
« Il serait bien d'avoir 25 % de plus, soit 80 000 voyageurs par an ».

Or, la ligne Tournon-Lamastre n'est-elle pas trop longue ?
« Certains disent qu'il faudrait seulement la ligne Tournon/Saint-Jean/Boucieu. Mais le Mastrou, c'est aussi Lamastre. De toute façon, ce choix est encore prématuré : il faut faire des simulations de parcours, les optimiser puis trancher ».

Quel est précisément votre rôle ?
« Ma mission est de six mois. Il s'agit de proposer un certain nombre de solutions. Actuellement, je suis dans la phase diagnostic, tout en commençant à rechercher de nouveaux partenaires ».

Pourquoi avez-vous accepté cette mission ?
« Je connais le Mastrou depuis l'âge de 11 ans, en prenant le train pour faire Lamastre-Tournon. Et quand j'étais maire de Tournon-sur-Rhône, j'ai toujours défendu ce train touristique. J'ai alors voulu relever ce défi ».

Le schéma de gestion du Mastrou devra-t-il être changé ?
« La structure juridique sera étudiée à un moment donné. Il n'y a pour l'instant, pas de formule magique. Mais l'une des hypothèses est que le Département s'occupe des investissements et une société, un organisme privé, de l'exploitation. Car ce n'est pas à une collectivité publique que de faire du tourisme et du commercial ».

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GIRAUD 19/05/2008 20:59

Et voila: Véolia est sur les rangs, et il n'est sûrement pas le seul à "s'intéresser" à l'affaire MASTROU...

Bouchet Roland 19/05/2008 17:17

Re,

Quand au départ de Tournon, j'ai déja dis ce que j'en pensais, si on veu achevé le Mastrou, il suffit qu'il ne parte plus de Tournon.

Des solutions peuvent êtres trouvé, sans aucun doute, mais avec beaucoup de volonté de toutes parts.

Bouchet Roland 19/05/2008 17:13

Bonjour à tous,

Effectivement la critique est facile, mais ce n'est pas une raison pour ce voiler la face, nous, nous savons.

Bref, Véolia à t'il des techniciens capables, je crois que oui, ils l'on prouvé ailleurs que sur le Mastrou, et ma foi, l'on prouvé aussi sur le Mastrou à une époque ou celui ci tournait relativement bien, et ou il aurait eu plus besoin de techniciens capables que publicistes.